Retour sur la rencontre « Discutons communication » à la bibliothèque Louise Michel

Jeudi 23 février dernier Claire Sainton et Julien Prost nous ont ouvert les portes de la bibliothèque Louise Michel pour nous parler de leur communication et de l’importance qu’elle revêt au sein du projet d’établissement.

Si vous voulez en savoir plus, Valérie nous a concocté un compte rendu très complet, un grand merci à elle !

Et retrouvez également un retour en sketchnotes sur la rencontre.

Visite de la bibliothèque Louise Michel

 Un bibliothécaire de Louise Michel est un « facilitateur ». Il a une priorité : l’accueil
Le gourou de Louise Michel : Vincent Chapdelaine
La médiathèque appartient au public (jardin, jeu, …), tous les usages sont donc légitimes. Quand certains usages sont difficilement conciliables (bruit/calme), un thé ou café est proposé. Ils permettent d’apaiser les tensions.
Des automates de prêt ont été installés. Aucun poste n’a été supprimé, du temps a donc été libéré pour discuter avec le public.
L’équipe est organisée en 5 « pôles de réflexion » : accueil, habitants et territoire, action culturelle et communication, politique documentaire et organisation. Ce dernier veille à la cohérence entre les 4 autres groupes.

Chaque membre de l’équipe est responsable de l’application de la politique de l’établissement et de projets, quel que soit son grade administratif. Ce point est clairement annoncé dès le recrutement.

Louise et les canards pas si sauvage : un film qui présente la bibliothèque sous l’angle de la participations des publics

Pourquoi, comment communiquer ?

Pour la communication : Claire et Julien
  •  Pour donner à voir ce qu’on fait
  •  Pour rendre compte du travail et faire comprendre ce qu’est une bibliothèque maintenant, en particulier auprès des tutelles : service action culturelle, Mairies, élus
  •  Pour créer une cohérence au sein de l’équipe
3 axes de travail : informer, divertir, créer

Informer

–        En priorité l’information est destinée au public : affiches, flyers, page Facebook, Twitter…

   et… le  bouche à oreilles. Ce dernier est le meilleur moyen d’information !

–        La communication sert aussi :
  •  à construire l’identité propre de chaque bibliothèque et de chaque bibliothécaire
  •  à informer le public sur les services : ce qu’on peut faire, quand et comment

–        Les visuels utilisés sont soit repris sur internet, libres de droit ou alors réalisés en interne (produits à la bibliothèque, postés ensuite en licence libre)

–        L’ensemble des contenus mis en ligne est également sous licence libre, donc réutilisables

–        Les affiches ont deux bases : un joli visuel et une information basique

Le choix a été fait d’être inventif. La communication est normalement gérée en central par le service communication de la ville. Louise Michel s’en occupe en direct, en gardant les informations indispensables imposées par l’appartenance à un réseau, mais pour le reste en s’affranchissant au maximum des contraintes

–        La newsletter : Au départ, utilisation d’un gabarit sous Word. Désormais elle est écrite en ligne, directement sur la plateforme http://mailchimp.com
  •  A savoir avant de se lancer dans une newsletter : environ 20% seulement d’interlocuteurs ouvrent leur mail
  •  La plateforme Mailchimp permet d’avoir des statistiques fiables (30% des interlocuteurs de Louise Michel ouvrent le mail, seulement 5% cliquent sur au moins un lien)
  •  Au vu de ces statistiques, il a été décidé de simplifier au maximum la newsletter, de la rendre plus efficace. Maintenant, l’essentiel des infos sont notées en direct, c’est-à-dire sans clic derrière
–        Le Blog Louise et les canards sauvages existe depuis 2015
C’est un blog de contenu dont les articles sont écrits et signés par les bibliothécaires (ou un pseudo) et le public.
Il est possible d’y trouver :
  • Les coups de cœur
  • Du partage de travail : « Au-delà du chignon » est pour les professionnels. Les articles sont écrits sans jargon, le public peut ainsi se l’approprier s’il le souhaite.

Le blog est orienté vers l’ensemble du public de Louise Michel, donc les personnes qui viennent à la bibliothèque mais aussi ceux qui sont derrières leurs écrans : les professionnels, les habitants ayant déménagé et souhaitant garder un lien…

–        La chaîne YouTube
  • Louise et Michel : vidéo permettant d’investir les réseaux sociaux
    • Image de marque de la médiathèque : la communication correspond au ton employé avec le public
    • Individualisation, personnalisation
    • Une institution peut être fun
    • But ultime : participation du public
  • La Tutotek : liée aux ateliers créatifs
–        Twitter, Facebook, Instagram… À chaque fois qu’un réseau social apparaît un compte est créé très vite, ce qui permet de garder le nom « Bibliothèque Louise Michel ». Ensuite le compte peut ou non être utilisé.
Souvent, une envie ou une utilisation d’un réseau social part de l’expérience personnelle d’un membre de l’équipe

L’utilisation des réseaux sociaux a été appropriée lentement  au sein de l’équipe. Elle a dû apprendre d’abord à utiliser l’outil. Comment ça marche ? Comment peut-on l’utiliser dans le cadre professionnel ? Comment créer une cohérence entre le lieu et l’apparence numérique ?

Bilan : ce qui fonctionne le mieux à LM c’est le partage de la vie à la bibliothèque, l’instantané, surtout les vidéos.

L’utilisation de la communication et des réseaux sociaux est inscrite dans le projet d’établissement, mais il n’y a pas de « charte de communication ». Chaque membre de l’équipe peut publier en direct. Ce principe a été établi avec l’idée qu’un post reste visible moins de 24h sur les réseaux sociaux, que ce n’est donc pas grave s’il est raté. Il existe en revanche une autorégulation dans l’équipe : si quelqu’un doute de son post ou de sa blague, il demande l’avis des collègues autour de lui.
Quand il ne se passe rien, il est important de communiquer quand même, d’où l’intérêt des canards et de la créativité instantanée.

Divertir

C’est inventer, faire rire. La communication permet de parler différemment au sein de l’équipe, et de l’impliquer. Elle renforce la cohésion.
C’est aussi assumer sa créativité, la partager, la développer
  • Les canards : storytelling, mascotte => ludique, fil conducteur rigolo, axe de tonalité, façonne l’image du lieu
  • Instagram : toutes les photos mettent en scène un canard
  • Humour à partir de l’image de la « bibliothécaire chignon » : une des images les plus partagées sur les réseaux sociaux
La cohérence entre le lieu, son image et la façon de communiquer est importante : le ton employé dans la communication correspond à l’ambiance de la médiathèque, à la façon d’accueillir…

Créer

Pour créer, il n’existe pas de formation, il est donc nécessaire de partir des compétences déjà présentes dans l’équipe : les dessinateurs, musiciens, monteurs, …
Plus la créativité est encouragée, plus un style se développe. Les goûts de chacun dans l’équipe font partie intégrante de cette créativité. Ils permettent de faire évoluer la communication, de ne pas ronronner, de ne lasser ni le public ni l’équipe.
S’inspirer de ce qui plaît, c’est copier, partir d’une autre idée, réutiliser, recréer : Louise et Michel est inspiré de Catherine et Liliane
Si les règles importantes de communication sont respectées (droit d’utilisation des images, pas de visages d’enfants, pas d’affiche de film), certaines règles sont délibérément contournées (affiche de films détournées en affiche lego)
Pour continuer à intéresser le public, il est nécessaire d’évoluer, de faire varier les supports
–        Le matériel et les compétences :
Après plusieurs années sans matériel autre que personnel, les résultats obtenus ont permis de demander du matériel aux services municipaux et d’acheter une caméra, des micros…

Mais les compétences nécessaires pour communiquer et pour monter les films sont totalement liées à l’équipe : soit une ancienne formation, soit une formation grâce au net (tuto), soit des échanges de compétences au sein de l’équipe. Elle participe à la communication sur la base du volontariat et de ses envies et compétences.

Tout n’est pas toujours simple. Au début, quand la communication a commencé à évoluer, un débat a été mené au sein de l’équipe sur la pertinence de communiquer « à l’extérieur ».
La communication est chronophage mais stratégique. Elle est intégrée à part entière dans le temps de travail de l’équipe. Ce n’est pas « sale » de faire de la publicité, au contraire. C’est important car elle permet de travailler sur l’image de la bibliothèque et plus largement de l’image de l’ensemble des médiathèques.
La gestion des réseaux sociaux, c’est en permanence (24/24h).

Il n’y a pas de logiciel de montage à la bibliothèque. Les montages sont donc réalisés sur un temps personnel. Il est donc nécessaire de trouver un équilibre entre l’intérêt personnel et les besoins professionnels.

Au final, si la communication a toujours pour objectif premier d’informer, ses objectifs secondaires sont de s’amuser et de faciliter la cohésion d’équipe.

Quelques questions

–        Quelle notion de « territoire » dans la communication de Louise Michel ?

Sur les réseaux sociaux, les partages sont un peu relayés par les habitants du territoire et beaucoup par d’autres bibliothécaires. Ceux-ci sont clairement identifiés comme un des publics de la bibliothèque Louise Michel.

Les réseaux sociaux entrainent le développement d’une nouvelle interactivité, de nouveaux usages : demandes de stage via Facebook (c’est un média de proximité), réinscription par twitter…

–        Quelle légitimité des bibliothécaires face aux bloggeurs reconnus (booktube.fr, unboxing) ?

Par rapport aux booktubers, les pratiques se recoupent. Les booktubers parlent à 80% de romans, en revanche à Louise Michel les vidéos représentent l’ensemble des collections (albums jeunesse, BD …)

D’autre part, Internet évolue très vite !!! Apprendre à proposer de nouvelles choses permet ensuite de les partager avec le public dans des ateliers créatifs, des animations…

–        Les vidéos amateurs, c’est une image de la bibliothèque, et de soi, à assumer !

Oui, mais s’il faut être sûr de ce qu’on fait, il faut aussi se lancer. Il est nécessaire de prendre le temps pour arriver au résultat recherché, et ensuite assumer. Se planter, c’est un risque à prendre, ce n’est pas si grave ! Louise Michel a parfois essuyé des remarques négatives : « pas sérieux », « quelle image des bibliothèques ? » « contrôle de l’image vis-à-vis des élus »… d’où le souci de cohérence entre l’image de la médiathèque à celle diffusée sur les réseaux sociaux.
Ensuite, quand les pratiques professionnelles rejoignent les intérêts personnels, les compétences évoluent. La communication reste expérimentale, ça prend du temps avant d’être efficace.

–        Comment faire participer les usagers ?

C’est un travail quotidien, qui passe par des discussions, des échangent avec les usagers. La relation se construit dans le temps et c’est un travail est à renouveler en permanence. L’échange entre usagers est plus facile quand il est basé sur des compétences techniques.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s