Compte-rendu de la rencontre youtubeurs et booktubeurs

La première réunion de Doc@Paris portait sur les youtubeurs. La rencontre s’est déroulée le 30 novembre 2015, elle a été improvisée très rapidement pour profiter du passage à Paris de Léa Lacroix qui a organisé à la BM de Rennes une rencontre avec des youtubeurs. Pauline Wabant et Alice Carrier, des collègues de la bibliothèque Yourcenar à Paris, ont proposé un retour d’expérience sur un évènement similaire qu’elles ont mis en place dans leur établissement à l’occasion du festival Numok. Enfin, Sophie Corradini, bibliothécaire en Belgique et blogueuse sous le nom de Cachou, nous a fait découvrir le monde des booktubeurs (les youtubeurs qui parlent de livres).

Youtubeurs et booktubeurs

Les évènements organisés à Rennes et à Paris ont attiré beaucoup de monde. Pour un retour détaillé de ce qui a été fait à Rennes, voir le blog de doc@rennes. Pour vous faire une idée plus précise, voici les captations des deux rencontres :

 

Il y a peu d’occasions de rencontrer des youtubeurs et lorsque des évènements existent, ils sont payants. Sur ce créneau, les bibliothécaires ont donc l’opportunité d’être en position de précurseurs. Même si le public touché ne reviendra pas forcément, ce type d’action contribue à donner une image moderne des bibliothèques.

Un parallèle peut être fait avec la soirée de lancement du NaNoWriMo qui a eu lieu à la Bpi le 1er novembre 2015 et qui a réuni 160 personnes : les évènements qui ciblent des communautés en ligne rencontrent un gros succès IRL. C’est une stratégie nouvelle en bibliothèque parce qu’une communauté d’intérêt ne correspond pas forcément à la segmentation traditionnelle du public (comme « les ados » par exemple).

A Rennes, le choix des youtubeurs a été fait en fonction d’une thématique (la vulgarisation) et de leur proximité géographique (information pas évidente à trouver). Les modes de communication avec eux sont très informels (Facebook par exemple).

En ce qui concerne la préparation d’un évènement de ce type, il faut penser à un temps d’échange conséquent après la rencontre. C’est ce que les gens attendent car ils éprouvent un fort sentiment de proximité avec les youtubeurs. Beaucoup de personnes viennent même avec des cadeaux. Problème : les youtubeurs n’ont généralement rien à dédicacer, il faut donc penser à préparer un petit support à signer, comme une plaquette de programmation.

Le décryptage du phénomène youtubeur est un sujet qui intéresse les gens. Le côté business/réussite fulgurante peut faire rêver mais réaliser des vidéos, c’est un vrai travail : quel matériel ? Quel temps de préparation ? Quelles équipes ? etc.

Les booktubeurs sont des youtubeurs qui parlent de leurs lectures. Cachou (bibliothécaire et blogueuse belge) utilise ces vidéos comme un outil de veille qui permet de devancer les demandes des jeunes publics. Les livres écrits par des youtubeurs (comme Norman ou EnjoyPhoenix) sont extrêmement demandés. La booktubosphère anglophone est beaucoup plus développée que la française mais celle-ci est en pleine croissance (beaucoup d’articles dans la presse professionnelle ces derniers temps). Pour plus d’infos, voir le petit guide de la booktubosphère rédigé par Cachou.

La production de vidéos par des bibliothèques

Le grand public s’exprime de plus en plus grâce à des vidéos en ligne, les bibliothèques peuvent-elles elles aussi utiliser ce mode de communication ?Plusieurs établissements diffusent des vidéos sur Youtube avec des objectifs différents :

  • Présenter l’équipe d’une bibliothèque en phase de préfiguration (La Canopée, Paris),
  • Faire un teaser pour l’ouverture d’un établissement (Médiathèque Françoise Sagan, Paris),
  • Parler de livres (Bibliothèque Vaclav Havel à Paris, BM de Brest),
  • Etc.

Le second degré de la vidéo réalisée par la bibliothèque Sagan a été très apprécié. De façon générale, pour fonctionner, les vidéos doivent respecter un certain nombre de codes : ton, façon de s’adresser au spectateur, montage, qualité technique (même s’il s’agit de vidéos, la qualité du son est primordiale). Pour un résumé de ces codes, voir la vidéo suivante, ou bien celle-ci.

Est-ce que les bibliothèques sont capables de créer des vidéos comme le font les youtubeurs ? La réponse n’est pas tout à fait claire. Les résultats actuels sont rarement satisfaisants. Un point révélateur : les vidéos sont peu consultées mais surtout très peu commentées. On constate aussi que sur le web, les bibliothèques touchent une communauté « par défaut » : celle des bibliothécaires. Mais ce n’est pas forcément le public visé ou attendu.

On peut également se demander si les pratiques prescriptives et « descendantes » des bibliothécaires sont adaptées à la culture web… Le peu de succès des vidéos peut également venir d’un manque de moyens techniques, du fait que nous ne maîtrisons pas les codes de la culture web, ou du fait qu’une institution ne peut pas communiquer aussi efficacement qu’un individu sur des réseaux sociaux. Un collègue de la Bpi a ainsi un blog littéraire qui marche bien, mais les articles qu’il rédige pour le site de la bibliothèque fonctionnent moins bien en dépit de sa visibilité institutionnelle.

La conclusion positive à retenir c’est que si les bibliothécaires ne peuvent pas produire des contenus eux-mêmes, ils peuvent en revanche jouer le rôle de facilitateurs, en accompagnant les usagers qui veulent s’initier à la création vidéo.

Compte-rendu rédigé par Lionel Hauraix et Nicolas Beudon.

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